L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

Pour plus de détails, voir :
• auditeurs et étudiants libres;
• modalités d'inscription.

Brigitte Achard,
responsable des dossiers académiques
(514) 739-3223 poste 323
brigitte.achard@ipastorale.ca

Anne-Marie Truong,
responsable de la comptabilité
(514) 739-3223 poste 322
comptabilite@ipastorale.ca

Institut de pastorale
2715, chemin de la Côte Sainte-Catherine, Montréal (Québec), Canada, H3T 1B6

courriel: secretariat@ipastorale.ca

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webmestre :

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2715, chemin de la Côte Sainte-Catherine, Montréal (Québec), Canada, H3T 1B6


Qu'est-ce que
l'Institut de pastorale ?


L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain , fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

Plus d'information sur l'énoncé de mission et le statut universitaire de l'Institut.

Dans ce texte :

Recommencer : d'une conversion à l'autre

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle »,  paru en septembre 2000 aux éditions du Cerf (n° 736), traite du thème de la seconde conversion.

Préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale, il rassemble des articles d'auteurs du Québec.

Avec l'accord des éditions du Cerf, plusieurs articles sont disponibles sur le site.

Voir :

Le texte de l'éditorial

La liste des articles disponibles

 

Revue "la vie spirituelle"

Lien vers la revue sur le site des
Éditions du Cerf

Voir aussi ...

Le contexte d'une recherche spirituelle

Gaston Raymond, o.p., Institut de pastorale

suite du texte

A son tour, mais pour un milieu plus restreint ou ciblé, J. Grand'Maison [14] arrivait à un diagnostic semblable. L'aventure communautaire de la foi se polarise ici autour du dépassement des illusions de la « Révolution tranquille » dont on ne veut pas perdre les acquis tout en constatant les promesses non remplies. Du sein même de la modernité émerge un appel de spirituel qu'il faut absolument distinguer du passé religieux québécois. Cette recherche spirituelle met en relief la profondeur des expériences humaines individuelles et collectives qui se manifestent par une attention à des valeurs (éthiques) et des quêtes spirituelles nouvelles. Les entrevues de cette recherche non pas statistique mais qualitative manifesteraient quelque chose de différent qui n'est pas la « foi » mais une densité humaine requise pour y accéder.

C'est dans des groupes et des communautés différenciés du dedans et dans le monde extérieur que l'expérience spirituelle relationnelle peut se prêter à de riches communications, à des exercices collectifs de discernement, à des vérifications et validations de ses propres expériences et options. [15]

Ainsi on reconnaît un cheminement spirituel possible tant à l'intérieur des Églises (disciples sérieux) qu'à l'extérieur (chercheurs de spirituel). Le deuxième chapitre, qui porte sur le nouvel intérêt spirituel, cherche à cerner explicitement la « nouvelle » quête spirituelle dont voici quelques caractéristiques qui ressortent des entrevues : l'expérience spirituelle, c'est une « nouvelle liberté intérieure, une libération d'une religion de formules, de rites, de dogmes, de prescriptions, de pratiques extérieures ». Certes, elle connaît des dérives, des ratés, mais elle est « un trait de base qui ouvre à tous les autres qui vont suivre. Retenons particulièrement le fait que beaucoup de gens ne veulent rien entendre ni s'associer à qui que ce soit s'il n'y a pas de place pour leur propre expérience ». [16]

De plus « l'autonomie spirituelle ou religieuse semble être l'ultime conquête après celle de toutes les autres autonomies : en ce domaine, comme dans les autres, beaucoup s'affirment comme sujet libre ou responsable. D'où ce discrédit d'un pouvoir religieux qui n'en tient pas compte. ... La révolution subjective au cours des dernières décennies a marqué profondément l'univers spirituel  ». [17] Certes, des critiques sont faites, narcissisme, individualisme, etc., mais il faut discerner le potentiel prometteur d'une subjectivité plus riche dans l'expérience spirituelle. Réappropriation du « Je » dans la foi, - Je du Credo - condition incontournable pour accéder à un Dieu spirituel. Un exemple : « Quand avez-vous dit votre premier « Je crois », vraiment en votre nom personnel ? - C'est lorsque j'ai cessé de pratiquer » [18] Mais a-t-on vraiment intégré la subjectivité dans la pastorale, dans la théologie ?

On a remarqué que les interviewés tenaient à une distinction entre le spirituel et le religieux : « Le spirituel oui, mais la religion, non » [19] . Cette opposition a divers sens mais pour le plus grand nombre, elle signifie une sorte de coexistence entre leur religieux-spirituel personnel, leur culture sécularisée, et une affirmation plus ou moins distante à l'égard d'une religion instituée, de l'Église de leur héritage religieux

Ces deux recherches sociologiques récentes ont dessiné un portrait de la situation religieuse de notre contexte et son rapport avec la quête spirituelle. La situation décrite a des accents et même une acuité particulière au Québec mais répercute une transformation plus universelle.

Interprétation de Grace Davie

On aura beau détecter une sensibilité au spirituel, la quête spirituelle se profile sur fond d'une situation générale affectant le christianisme ici et ailleurs. Il semble bien que, de façon assez générale, nous soyons en Occident devant une figure déterminée du christianisme, que plusieurs ont notée et qu'exprime plus clairement la sociologue anglaise Grace Davie [20] décrivant la situation britannique actuelle, qui ressemble à la nôtre. Son analyse, moins optimiste que les précédentes, semble faire avancer les diagnostics contemporains et invite à poser de nouvelles questions. Le rapport à la religion des britanniques est décrit comme un « Believing without Belonging » (croire mais sans appartenir) en prenant soin d'entendre par le terme croyance (« belief ») une description très vague d'attitude n'impliquant pas l'acceptation d'énoncés particuliers de foi. En même temps la majorité de la population est rarement hostile à la religion en soi et conserve une sorte de « croyance non attachée ». La diversité au sein du christianisme et des autres religions recouvre un nominalisme chrétien qui, en Angleterre, a une forme anglicane. Le sécularisme est tenu par une petite minorité. L'absence de contact régulier avec les institutions ecclésiales produit la corrosion de la vision du sacré, qui, sous un vocabulaire traditionnel, véhicule des conceptions autres du sens de la vie.

Le point crucial à saisir est qu'une sorte de religiosité persiste malgré le déclin de la pratique. La séparation entre la « pratique » et la « croyance » caractérise la vie religieuse britannique d'après guerre, séparation qui s'accentue. Si le lien institutionnel s'atrophie à chaque étape de la transmission, le sacré lui a trouvé d'autres issues. C'est une des ironies cachées de la sécularisation . La diminution de la religion institutionnelle n'a pas détruit la croyance religieuse (jusqu'à maintenant en tout cas) mais a rendu cette croyance vulnérable à toutes sortes de pressions externes. Le christianisme nominal (par opposition au christianisme organisé) offre par exemple un riche terreau pour des versions alternatives du sacré. D'où pour certaines gens, mais non la population dans son entier, l'attrait .. des idées du Nouvel Âge. [21]

La situation religieuse que nous vivons ici correspond aux grands traits repérés par Grace Davie.

L'analyse . suggère la conclusion hypothétique que la croyance religieuse, quand elle n'est pas associée avec la participation active à une Église, tend à être associée à une croyance superstitieuse tandis que la pratique ecclésiale permet de s'opposer à la superstition. De plus, nous avons quelqu'évidence que pour ces gens qui ne fréquentent pas l'Église mais disent être religieux et prier souvent, la croyance religieuse s'est assez éloignée de la position de l'Église orthodoxe et est en réalité beaucoup plus près de ce que nous appellerions normalement superstition. [22]

Il faut aussi se demander quelle sera la durée de cette façon de croire, et jusqu'à quelle diminution la minorité religieusement active peut espérer avoir une influence sur la société. Le « croire sans appartenir » nous confronte nous aussi à une situation où des gens s'estiment chrétiens et risquent de ne jamais le devenir si les aménagements pastoraux en cours ne sont pas ajustés à cette conjoncture : « Cette dérive de la croyance est probablement un défi aux Églises plus grand que la supposée nature sécularisée de la société dans laquelle nous sommes obligés de vivre. Bref le nominalisme chrétien demeure un phénomène plus prévalent que la sécularisation. » [23] Cette dérive de la croyance loin de tout ce qui pourrait se nommer orthodoxie est un défi majeur aux Églises contemporaines, défi bien plus grand que la nature supposément sécularisée de la société environnante [24] .

Donc sensibilité aux spiritualités de toutes origines mais aussi christianisme rémanent sans appartenance constituent les composantes majeures affectant le chemin vers une seconde conversion.

Conversion chrétienne dans un contexte nominaliste

La seconde conversion (ou seconde évangélisation) demandera aux Églises locales de repenser leur fonctionnement pastoral dans la ligne d'une éducation au et du spirituel. Il s'agit pour l'Église de participer avec ses convictions à la demande de spirituel qui la déborde mais offre une occasion importante. Les principaux points à rappeler seront les suivants :

1- La distinction du spirituel comme tâche humaine d'authenticité et de sa reprise par les traditions religieuses historiques. Le spirituel n'est pas que chrétien mais il y a une réponse chrétienne à cette quête dont l'achèvement, croyons-nous comme chrétiens, se vit dans l'accueil de la transcendance de la Révélation ou l'abandon complet au Mystère qui nous entoure. Pour que ces Églises jouent leur rôle de proposeur d'un chemin spirituel puisé à la tradition juive et à sa transformation par Jésus, elles devront montrer comment le salut éternel s'anticipe dans une vie humaine qui se transforme déjà et elles devront cesser de se satisfaire de la distinction entre chrétiens majeurs et mineurs. Ce qui ne veut pas dire que nous ignorons les étapes ou phases du cheminement ni les corruptions habituelles et fréquentes de l'acte religieux.

2- Le spirituel chrétien ne se contente pas de développement, progrès ou croissance relevant uniquement de la responsabilité du sujet autonome ; il introduit l'expérience centrale de la « métanoïa », de la conversion, que B.Lonergan a analysé et défini comme étant un changement d'horizon. L'horizon, c'est ce sur fond de quoi tout le reste se situe. Quand l'horizon change, à la fois tout change et rien ne change, i.e. que tout prend une couleur et perspective nouvelle. Le service pastoral pourra enrichir ses activités en les plaçant à contre-jour de cette conversion, à la fois initiale et progressive. Et les théologies devront entrer dans le changement de paradigme qui remet au centre de leurs réflexions l'expérience spirituelle et la conversion qui la structure en christianisme, au-delà des matériaux où elles plafonnent trop souvent. Ce déplacement global fait passer de la théologie « classique » à une théologie axée sur le sujet en chemin de conversion vers son achèvement religieux. Comme le signalait S.Moore : « il s'ensuit un déplacement de la spiritualité hors de ce recoin (qui m'a toujours semblé un endroit étrange) nommé théologie mystique ou ascétique ou spirituelle vers la position fondatrice [de la théologie] » [25] . De plus « l'importance de ce déplacement pour l'ocuménisme universel peut difficilement être exagéré. Puisque le bouddhisme et l'hindouisme se sont toujours compris comme des spiritualités et non comme des systèmes dogmatiques, le théologien chrétien découvrant que c'est aussi vrai du christianisme possède maintenant une nouvelle base pour le dialogue  » [26] . A partir de la même position intellectuelle, il devient également capable d'évangéliser la nouvelle religiosité comme relevant non d'une fantaisie mais de l'oscillation foncière de l'être humain.

L'important est de replacer activités pastorales et théologiques en regard d'abord de la quête d'authenticité humaine et de son prolongement dans la recherche spirituelle, et de les articuler comme éclairage ou structuration d'une conversion radicale ou d'une foi. En n'oubliant pas que si la plupart des considérations théologiques traitent de la conversion initiale, il est aussi important de présenter le développement de cette conversion première [27] .

Le chemin de la seconde conversion

Parler de seconde conversion, c'est soit avoir en vue ceux qui ayant déjà eu une adhésion réelle à la foi chrétienne, fùt-ce comme enfant, et après l'avoir quittée de longues années, vivent un essai de redécouverte, soit aussi, tous ceux, la majorité, qu'on peut considérer comme post-chrétiens, c'est à dire qui croient savoir ce qu'est la vision et l'expérience chrétienne, parce que cela fait partie de l'histoire commune occidentale et surtout ces chrétiens « nominaux » qui constituent, selon G.Davie, pour une génération encore, la relation majoritaire à l'Église. Ils ont certes toujours existé mais enrobés dans une société chrétienne qui pouvait les accueillir à tout moment.

L'accent doit être mis de plus en plus sur une autre approche qui consiste à conduire ceux qui sont touchés par la sensibilité à l'authenticité humaine et à son ouverture au spirituel à se mettre en apprentissage auprès d'un maître spirituel dont la tradition chrétienne a conservé le souvenir, la sagesse et même la mystérieuse présence. Approcher Jésus comme Maître spirituel, ou devenir disciple de Jésus, demande une Église qui suscite les cheminements, indique des étapes, reconnaît les découvertes, et accueille la confession de foi lorsqu'elle arrive

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[14] J. Grand'Maison, L. Baroni et J.-M. Gauthier, Le défi des générations. Enjeux sociaux et religieux du Québec d'aujourd'hui, Montréal, Fides 1995.

[15] Ibid. p.66.

[16] Ibid , p.58-59.

[17] Ibid, p.59.

[18] Ibid., p.60.

[19] Ibid ., p.72.

[20] Grace Davie, Religion in Britain since 1945. Believing without Belonging, Oxford, Blackwell, 1994.

[21] Ibid. p. 43.

[22] Ibid. p.79.

[23] Ibid. p.76.

[24] Ibid p. xii

[25] Dans V. Gregson, Lonergan, Spirituality and the Meetings of Religions, University Press of America, 1985, preface p. xi.

[26] Ibid. p.18.

[27] Voir Pierre Robert, « Recherche sur la notion d' « Incarnate Meaning » chez B. Lonergan  », Église et Théologie 26 (1995) 2, p.203-224.