L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

Pour plus de détails, voir :
• auditeurs et étudiants libres;
• modalités d'inscription.

Brigitte Achard,
bureau des études,
publicité et promotion
514) 739-3223 poste 323
brigitte.achard@ipastorale.ca

Anne-Marie Truong,
responsable de la comptabilité
(514) 739-3223 poste 322
comptabilite@ipastorale.ca

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Institut de pastorale
2715, chemin de la Côte Sainte-Catherine, Montréal (Québec), Canada, H3T 1B6

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Gaston Raymond en ligne

(1) Ces documents incluent des réflexions fondamentales sur la catéchèse ainsi que des démarches d'analyse de récits bibliques. Ils sont disponibles sur notre site. Voir la liste.

(2) On peut lire ce texte sur notre site.

Témoignages d'estime et de gratitude pour Gaston Raymond,

à l'occasion des liturgies qui ont accompagné son décès

Gaston Raymond : homme à la question vive


Jean-Marc Gauthier

Gaston m'a beaucoup appris. En fait, il m'a appris ce qui est le plus important dans l'apprentissage ; il m'a appris à apprendre en me montrant le chemin de la question vive. Il m'a appris à trouver des réponses en posant les bonnes questions. Il m'a surtout appris qu'au delà de toute bonne réponse, il y a toujours une nouvelle question, une vive question qui mène plus loin sur le chemin du savoir, de l'agir, de l'amour.

Bien sûr, il me l'a particulièrement appris durant les 90 heures qu'il m'a données, à moi et à d'autres, sur L'Insight de Bernard Lonergan. Sûrement le cours le plus important dans ma vie d'étudiant, que ce soit en philosophie ou en théologie. Je me rappellerai toujours ses propos lors de la dernière heure de ce cours, officiellement un cours en métaphysique : "Ce que nous avons fait dans ce cours, c'est de soupçonner l'existence d'un continent". – Quatre-vingt-dix heures pour soupçonner l'existence d'un continent ! Ça veut dire qu'il me restait toute la vie pour découvrir librement tous les continents du savoir, de l'amour et de la vie, à l'écoute de toutes les questions vives qui se présentent.

Cinquante ans plus tard, quelques jours après le décès de Gaston, je suis toujours porté par toutes les questions vives auxquelles il m'a initié et je n'ai pas encore fait le tour de tous les continents. Encore du chemin à parcourir. À la suite de Gaston, je garde l'esprit en alerte.

Il faut aussi dire que c'est Gaston qui m'a fait découvrir un autre continent, René Girard, qui a marqué ma vie pendant des années durant le temps d'un doctorat en théologie.

Avec Gaston, Lonergan et Girard sont toujours là quand j'essaie d'approcher le mystère de Dieu en lien avec l'amour et la violence. Les questions vives ne manquent pas. Je dirais même qu'elles me poursuivent quand, de temps en temps, je prends de l'avance.

Merci Gaston. Ton apport est inestimable, pour moi et bien d'autres

Hommage à un grand pionnier de la catéchèse biblique symbolique

Depuis plus de 25 ans, je connais Gaston Raymond. Dès mes débuts comme agente de pastorale, j’ai eu l’occasion de le rencontrer dans le cadre d’une communauté de quartier, de style alternatif, à laquelle nous appartenions tous les deux. C’est par lui que j’ai découvert l’Institut de pastorale des Dominicains et, finalement, j’y ai fait ma formation universitaire en théologie pastorale.

J’étais encore à mes premiers cours quand j’ai eu le bonheur d’entrer en contact avec la catéchèse biblique symbolique qu’il m’a fait découvrir. Une aventure incroyable commençait. Dans le cadre de cette formation, Gaston nous a invités à entrer dans la Bible à partir de ce qu’il avait découvert des écrits de Claude et Jacqueline Lagarde et cela a complètement changé mon rapport à la Bible.

Mon contact avec la catéchèse biblique symbolique fut pour moi une ‘révélation’ et le mot est bien choisi. À partir de cette expérience lumineuse, je découvrais la portée symbolique des Écritures et la lumière qu’elles apportaient à ma vie. J’ai fait mon entrée dans un univers qui s’ouvrait à l’infini. J’ai compris alors que je pourrais consacrer toute ma vie à accompagner des personnes dans cette aventure passionnante tout en étant moi-même nourrie par ma pratique. Depuis toutes ces années, je suis toujours aussi passionnée pour la Bible. Cette approche demeure mon phare dans toute ma pratique pastorale.

Gaston m’a accompagnée dans mes premières expériences en catéchèse biblique symbolique et il a été même jusqu’à me proposer d’enseigner avec lui. Ouf ! Quel plongeon. À nous deux, nous faisions vraiment une belle équipe. De son côté, il savait déployer les fondements théologiques, philosophiques et pédagogiques de cette approche et, de mon côté, je pouvais faire bénéficier de mon expérience pratique. Nous avons enseigné ensemble à quelques reprises et chaque fois c’était une expérience emballante où nous apprenions l’un de l’autre, avec émerveillement.

Gaston était présent à la naissance de l’Association québécoise de la catéchèse biblique symbolique en 2003 et il n’a jamais cessé d’être préoccupé de sa vitalité. Il participait assidûment aux rencontres du C.A., aux préparations et à l’animation des formations et du colloque de l’association. Depuis les dernières années, son état de santé l’a empêché de poursuivre cet accompagnement assidu, mais je sais qu’il nous a porté profondément dans son cœur.

Lors de mes dernières visites à Gaston, en soins palliatifs, il était serein et encore suffisamment lucide pour que nous puissions échanger sur ce qui nous a toujours rapprochés : la catéchèse. Il me répétait qu’il avait maintenant 100 ans. Même si ce n’est pas son âge réel, j’avais l’impression qu’il me parlait à un autre niveau de vérité. Ce 100 ans résonnait comme un accomplissement. Il me disait : "Tous mes écrits, j’ai eu le temps de les rassembler et de les rendre disponibles. Si on en fait la lecture, on y trouvera plusieurs parties distinctes mais reliées les unes aux autres. Toutes ces parties forment une seule œuvre cohérente. Chacun peut y puiser et poursuivre la recherche".(1) En l’écoutant, il me semblait qu’il parlait de sa vie, qu’il faisait la relecture de sa vie, de manière symbolique. Toutes ces années, toutes ses nombreuses activités, ses implications, ses recherches, ses cours, ses relations sont comme reliés par un fil d’or. Malgré son érudition, Gaston a toujours été cet homme humble et ouvert à partager et à se questionner avec d’autres. Au cœur de sa vie, la recherche de vérité a guidé tous ses choix et c’est ce qui en fait une œuvre harmonieuse et cohérente.

C’est avec émotion que je veux rendre hommage à ce grand homme qui été pour moi un ami, un père spirituel, un mentor, un guide, un soutien. Cher Gaston, nous avons en commun des souvenirs formidables. Tu me laisses, comme à beaucoup d'autres, un héritage inestimable. Avec affection, je veux te redire toute ma reconnaissance.

Comment peut-on rendre témoignage à un être exceptionnel en quelques minutes ?


Sylvie Latreille 

Notre collègue et ami Gaston Raymond demeure pour nous cet être exceptionnel. D’ailleurs, c’est ainsi que le provincial André Descôteaux l’a qualifié au moment où il a appris la nouvelle de son décès. J’ai pensé à trois figures pour rendre hommage à Gaston et pour le remercier d’avoir été cet être d’exception.

La première figure est celle du philosophe. En effet, dans sa manière d’être, de réfléchir, de vivre, grâce à l’éducation reçue et à une formation de haut niveau, Gaston s’est distingué comme philosophe, non seulement dans le monde académique mais aussi au fil des quotidiens et des années. Toutefois, il n’était pas un philosophe ordinaire. Non… il était un philosophe "patenteux". Il fallait le voir réfléchir les jours où il cherchait à améliorer la performance de son ordinateur. Le sérieux de sa démarche pour résoudre le problème informatique valait tous les discours sur l’Insight de Lonergan qu’il aura prononcés tout au long de sa carrière. Comme nous le savons, Gaston aura trouvé en Lonergan, une source d’inspiration et de complicité dans la compréhension du monde.

La deuxième figure est celle du professeur. À la fois, il aura été ce professeur remarqué au Collège Universitaire Dominicain pendant plusieurs années, et le professeur considéré à l’Institut de pastorale comme pionnier et pilier de notre institution universitaire. Nous lui devons beaucoup, non seulement pour la qualité de son enseignement et le sérieux de ses recherches et lectures, mais comme membre de l’équipe de l’IP. Ses dernières contributions majeures nous ont permis de refonder nos approches andragogiques. Il y a travaillé pendant des années, à réfléchir, à proposer des avenues, à créer de nouveaux parcours, qui aujourd’hui, permettent à l’Institut de relever les défis en théologie et en pastorale. Gaston a été apprécié par ses collègues de travail et par ses nombreux étudiants et étudiantes. Dernièrement, à l’hôpital Marie-Clarac, il partageait à une religieuse-infirmière, en joignant les mains : "vous savez, mes étudiants et mes étudiantes m’ont beaucoup aimé". Nombreux sont ceux et celles qui, depuis mardi, nous ont exprimé leur amitié pour lui et leur reconnaissance à son égard, car Gaston a été un guide, un accompagnateur et un penseur pour la communauté étudiante.

Vous savez qu’il est devenu Professeur Émérite du Collège, il y a quelques années. À cette occasion, c'est Daniel Cadrin, directeur de l’Institut, qui l'avait présenté à l'assemblée universitaire.(1)(2)  À la demande de Gaston, cet article a été accroché sur un des murs de sa chambre à l’Institut de gériatrie de Montréal. Il y tenait beaucoup.

La troisième figure est celle de l’ami. C’est la figure autour de laquelle nous nous retrouvons ce soir.

Vous avez des souvenirs de l’ami comme membres de sa famille, famille qu’il affectionnait. Il admirait beaucoup son père et il lui vouait une grande tendresse. Combien de fois y référait-il comme source d’inspiration et de résolution de problème.

Vous avez des souvenirs de l’ami comme frère dominicain, ayant partagé avec lui ses années de jeunesse au Collège, ayant partagé sa vie comme frère de la communauté. Je peux vous dire qu’il vous a beaucoup aimés.

Vous avez des souvenirs de l’ami comme membre du Réseau de Bernard Lonergan. Je me souviens de sa dernière communication dans le cadre de votre Colloque en 2013. Quelle joie a-t-il éprouvée pour s’y préparer ! Il avait élaboré un feuillet pour sa présentation, il me l’avait montré et j’avais réagi car le caractère était en 8. "C’est petit Gaston, je ne vois pas très bien. Peut-être, pourrais-tu utiliser le 10 ?" Et lui de me répondre : "il faut que ça rentre sur une feuille !"

Vous avez des souvenirs de l’ami comme membre du groupe des amis de St-Côme. Quand venait son tour d’animer vos rencontres, à l’automne, il prenait le temps de bien soigner ses interventions et gardait ce souci de créer du neuf.

Vous avez des souvenirs de lui comme membres du Réseau de la Catéchèse Biblique Symbolique. Que d’heures consacrées à décrypter, analyser, concevoir et approfondir la méthode de lecture intelligence des textes pour la catéchèse avec les Lagarde et Colette Beauchemin.

Et nous, nous avons des souvenirs de l’ami à l’Institut de pastorale. Un ami fidèle, discret, disponible, et un ardent défenseur de l’Institut.

Cher Gaston, notre cher ami. Il se plaisait à nous dire depuis le mois de juin que désormais, il avait 100 ans. Tout comme Benoît Lacroix. Au début, c’était surprenant de l’entendre affirmer avec conviction qu’il avait bel et bien 100 ans... et même 101 lors de son dernier anniversaire en octobre ! À chacune de nos visites ces derniers mois, en solo ou avec Daniel Cadrin et/ou Brigitte Achard, et jusqu’à la toute veille de son décès, Gaston n’a cessé de nous étonner avec ses 100 ans tout comme Benoît. Mais nous avons compris une chose : le fait d’être centenaire lui donnait enfin le droit au repos, telle une permission accordée après une vie consacrée au Seigneur, inscrite dans la tradition de Saint Dominique, et dédiée corps et âme à ce travail de l’intelligence de la foi.

Puisses-tu accueillir dans ta maison, Seigneur, notre frère et ami Gaston. Et j’espère qu’il trouvera au ciel la plus grande bibliothèque au monde !